Quels sont les risques?
L'hépatite C se transmet lorsque le sang d'une personne porteuse du virus entre en contact avec le système sanguin d'une autre personne. Le virus lui-même est très résistant. Même si les recherches dans ce domaine sont limitées, certaines données laissent croire que le VHC peut survivre à l'extérieur du corps pendant quatre jours ou plus (jusqu'à deux semaines, selon certains témoignages).
Les activités les plus à risque sont celles qui entraînent le plus de possibilités de contact de sang à sang. Sont considérées comme des activités sans risque celles qui ne comportent aucune possibilité d'échange de sang. Ces distinctions donnent lieu aux catégories de risque décrites ci-dessous.
Risque élevé
- S'injecter de la drogue avec du matériel ayant déjà servi à quelqu'un d'autre. Le matériel utilisé pour préparer et injecter de la drogue, y compris les stéroïdes, peut être contaminé par une quantité microscopique de sang qui est susceptible de transmettre l'hépatite C. Même une seule utilisation d'un article partagé (y compris seringues, réchauds, eau, filtres, garrots et tampons) justifierait un test de dépistage.
- Fumer ou sniffer de la drogue avec des pipes à crack, des pailles ou des billets de banque (dans le cas de la coke, par exemple). Ces articles risquent d'être contaminés par de faibles quantités de sang si les personnes qui s'en servent ont les lèvres fendillées ou le nez qui coule, même très faiblement.
- Se faire tatouer ou percer avec du matériel (aiguilles, encre) sur lequel il peut y avoir du sang contaminé. Cela se produit habituellement dans les établissements qui n'ont pas recours aux techniques de stérilisation de rigueur ou au matériel jetable à usage unique.
- Avoir reçu une transfusion de sang avant 1992. À cette date, un programme de dépistage a été instauré pour tester systématiquement tous les dons de sang, de sorte que le risque de contracter l'hépatite C de cette manière est maintenant très faible. Un risque élevé reste toutefois associé aux transfusions effectuées avant 1992.
- Réutiliser du matériel médical ou chirurgical non-stérilisé.
- Se livrer à des pratiques ou à des rituels où il faut faire des coupures ou des incisions (et partager avec quelqu'un d'autre les instruments tranchants utilisés à cette fin).
Un certain risque
- Partager avec une personne porteuse de l'hépatite C des objets personnels pouvant nous mettre en contact avec son sang, comme un rasoir, un coupe-ongles ou une brosse à dents.
- Avoir des relations sexuelles non protégées. L'hépatite C peut se transmettre par voie sexuelle, surtout lorsqu'il y a présence de sang contaminé (comme durant les règles ou lors de certaines activités sexuelles « brutales » telles le fisting) ou encore d'autres infections transmissibles sexuellement.
- Naître d'une mère porteuse de l'hépatite C. La transmission mère-enfant, ou transmission verticale, peut avoir lieu durant l'accouchement, mais ce cas est rare.
- Se blesser accidentellement avec l'aiguille d'une seringue qui pourrait avoir été contaminée par le virus de l'hépatite C.
Aucun risque
- Contact non intime avec une personne atteinte de l'hépatite C, y compris le partage des toilettes, des verres et des ustensiles.
- Échange de caresses ou de baisers avec une personne atteinte.
- Observance des principes de la réduction des méfaits : il s'agit d'utiliser du matériel stérile et neuf pour injecter, sniffer ou fumer de la drogue ou pour se faire tatouer ou percer.
- Utilisation de matériel médical neuf ou stérilisé pour les actes médicaux.
Bon nombre des comportements qui exposent les gens au risque d'être infectés par l'hépatite C sont les mêmes que ceux qui favorisent la transmission du VIH. Par conséquent, plusieurs des mesures recommandées pour prévenir l'hépatite C s'appliquent également à la prévention du VIH. Voir Prévention et réduction des méfaits pour en savoir plus les moyens de réduire le risque de transmission de l'hépatite C.
De plus en plus, au Canada, les personnes infectées par l'hépatite C subissent de façon disproportionnée les conséquences de la pauvreté, de l'alcoolisme, de la toxicomanie, du racisme et d'un accès limité aux soins de santé. Souvent, les personnes vivant dans la rue qui veulent consommer de la drogue ou se faire tatouer ou percer ne disposent pas d'endroits propres pour le faire. Les détenus n'ont pas accès à des programmes d'échange de seringues ou à du matériel de tatouage stérile. De plus, ils sont souvent obligés de partager des articles d'hygiène personnelle. Dans certains pays, les pratiques médicales qui étaient en vigueur il y a 20 ou 30 ans ont exposé à l'hépatite C de nombreuses personnes, dont certaines ont immigré au Canada. Les autochtones doivent faire face à des problèmes découlant du racisme, dont l'isolement, la pauvreté et l'érosion culturelle, qui poussent certains d'entre eux à s'adonner à des activités à risque.


