Quels sont les risques?
L’hépatite C se transmet lorsque le sang d’une personne porteuse du virus entre en contact avec la circulation sanguine d’une autre personne. Le virus lui-même est petit et résistant. Une petite quantité de sang seulement est nécessaire pour transmettre l’hépatite C et le virus peut survivre à l’extérieur du corps (à l’air libre) durant au moins quatre jours. Dans certaines conditions, comme à l’intérieur d’une seringue, le virus peut survivre plusieurs semaines.
Les activités les plus à risque sont celles qui entraînent le plus de possibilités de contact de sang à sang. On considère comme des activités sans risque celles qui ne comportent aucune possibilité d’échange de sang. Ces distinctions donnent lieu aux catégories de risque décrites ci-dessous.
Risque élevé
- S’injecter de la drogue avec du matériel ayant déjà servi à quelqu’un d’autre. Le matériel utilisé pour préparer et injecter de la drogue, y compris les stéroïdes, peut être contaminé par une quantité microscopique de sang qui est susceptible de transmettre l’hépatite C. Même une seule utilisation d’un article partagé (y compris aiguilles, seringues, réchauds, eau, filtres, garrots et tampons d’alcool) justifierait un test de dépistage.
- Fumer ou sniffer de la drogue avec des pipes, des pailles ou des billets de banque (dans le cas de la coke, par exemple). Ces articles risquent d’être contaminés par de faibles quantités de sang si les personnes qui s’en servent ont les lèvres fendillées ou le nez qui coule, même très faiblement.
- Se faire tatouer ou percer avec du matériel (aiguilles, encre) sur lequel il peut y avoir du sang contaminé qui peut transmettre l’hépatite C. Cela se produit habituellement dans les établissements qui n’ont pas recours aux techniques de stérilisation de rigueur ou au matériel jetable à usage unique.
- Les transfusions sanguines ou de produits sanguins dans un pays où les réserves de sang ne sont pas systématiquement examinées pour l’hépatite C. Au Canada, l’analyse systématique du sang a débuté en 1990 et les risques de contracter l’hépatite C de notre système d’approvisionnement en sang sont maintenant très faibles. Un risque élevé reste toutefois associé aux transfusions reçues au Canada avant 1992, l’année où un test de dépistage hautement sensible a été instauré.
- Du matériel médical non stérilisé : réutiliser du matériel médical ou chirurgical peut transmettre l’hépatite C s’il n’est pas stérilisé entre les patients.
- Se livrer à des pratiques ou à des rituels où il faut faire des coupures ou des incisions (et partager les instruments tranchants utilisés à cette fin avec quelqu’un d’autre).
Un certain risque
- Partager avec une personne porteuse de l’hépatite C des objets personnels pouvant nous mettre en contact avec son sang, comme un rasoir, un coupe-ongles ou une brosse à dents ou tout autre article de maison où pourrait se trouver du sang contaminé.
- Avoir des relations sexuelles non protégées. Il est rare que l’hépatite C se transmette par voie sexuelle, mais c’est possible, surtout lorsqu’il y a présence de sang contaminé (comme durant les règles ou lors de certaines activités sexuelles telles le fisting). La présence du VIH ou d’autres infections transmissibles sexuellement augmente également la possibilité de transmettre l’hépatite C par voie sexuelle.
- La transmission mère-enfant lors de la grossesse ou à l’accouchement (ou transmission verticale). Le risque de transmission verticale est d’environ 5 %. Le risque augmente si la mère est co-infectée par le VIH et l’hépatite C.
- Se blesser accidentellement avec l’aiguille d’une seringue qui pourrait avoir été contaminée par le virus de l’hépatite C.
Aucun risque
- Contact non intime avec une personne vivant avec l’hépatite C, y compris le partage des toilettes, des verres et des ustensiles.
- Échange de caresses ou de baisers avec une personne vivant avec l’hépatite C.
- Observance des principes de la réduction des méfaits : il s’agit d’utiliser du matériel stérile et neuf pour injecter, sniffer ou fumer de la drogue ou pour se faire tatouer ou percer.
- Utilisation de matériel médical neuf ou stérilisé pour les actes médicaux.
Bon nombre des activités qui exposent les gens au risque d’être infectés par l’hépatite C sont les mêmes que ceux qui favorisent la transmission du VIH. Par conséquent, plusieurs des mesures recommandées pour prévenir l’hépatite C s’appliquent également à la prévention du VIH. Voir la section Prévention et réduction des méfaits pour en savoir plus les moyens de réduire le risque de transmission de l’hépatite C.
De plus en plus, au Canada, les personnes infectées par l’hépatite C subissent de façon disproportionnée les conséquences de la pauvreté, de l’alcoolisme, de la toxicomanie, du racisme et d’un accès limité aux soins de santé. Souvent, les personnes vivant dans la rue qui veulent consommer de la drogue ou se faire tatouer ou percer ne disposent pas d’endroits propres pour le faire. Les détenus n’ont pas accès à des programmes d’échange de seringues ou à du matériel de tatouage stérile. De plus, ils sont souvent obligés de partager des articles d’hygiène personnelle. Dans certains pays, les pratiques médicales qui étaient en vigueur il y a 20 ou 30 ans ont exposé à l’hépatite C de nombreuses personnes, dont certaines ont immigré au Canada. Les Autochtones doivent faire face à des problèmes découlant du racisme, dont l’isolement, la pauvreté et l’érosion culturelle, qui poussent certains d’entre eux à s’adonner à des activités à risque.


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