Intro à l'hépatite C

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Le mot hépatite désigne une inflammation (-ite) du foie (hépa-). (Voir la section Le foie) L'hépatite C est une maladie spécifique du foie qui est causée par le virus de l'hépatite C (VHC).

Dans le monde, on estime que 170 millions de personnes vivant avec cette maladie. Au Canada, 250 000 personnes environ en sont atteintes, dont 110 000 en Ontario. Près de 20 % des personnes vivant avec le virus ne savent pas qu'elles en sont infectées.

Le virus de l'hépatite C

Il s'agit d'un virus à ARN qui exploite les cellules du foie pour faire des copies de lui-même, un processus qui tue les cellules en question. Cette infection s'appelait autrefois hépatite « non A et non B » avant que le virus de l'hépatite C ne soit identifié en 1989.

L'infection aiguë (Phase 1)

Le terme hépatite C aiguë désigne la première phase de la maladie, c'est-à-dire la période qui suit l'infection. À ce stade, environ 20 % des personnes infectées par  le VHC semblent se débarrasser spontanément du virus en l'espace de quelques mois. Un test de dépistage détecterait encore des anticorps contre le VHC chez ces personnes, mais elles n'auraient plus de virus actif dans leur  corps. (Pour plus de renseignements, voir  la section Types de tests — Tests diagnostiques).

L'infection chronique (Phase 2)

Chez environ 80 % des personnes atteintes d'une infection aiguë, le corps ne parvient pas à se débarrasser du virus et la maladie passe au stade de l'infection chronique.

L'inflammation et la fibrose

Au fil du temps, le virus détruit les cellules du foie et provoque une inflammation de cet organe. Ces dommages (ou lésions) donnent lieu à la formation de tissu cicatriciel appelé fibrose. La maladie progresse lentement, souvent sur une période de 20 à 30 ans, durant laquelle la personne atteinte pourrait ne présenter aucun symptôme.

La cirrhose

Au cours des décennies que dure l'infection chronique, des cicatrices plus étendues risquent d'apparaître dans le foie d'une personne sur cinq. On est alors en présence d'une maladie appelée cirrhose, dont il existe deux types. Dans les cas de cirrhose compensée, le foie continue d'accomplir de nomberuses fonctions.Plusieurs personnes atteintes de cirrhose compensée ne ressentent aucun symptôme ou très peu. Dans les cas de cirrhose décompensée, par contre, les risques de souffrir de complications pouvant mettre la vie en danger sont plus importants, comme l’insuffisance hépatique. C’est à ce stade qu’une transplantation peut être envisagée. Entre 5 % et 10 % des personnes atteintes de cirrhose risquent en outre d'être victimes d'une forme de cancer hépatique appelée carcinome hépatocellulaire ou hépatocarcinome.

L’hépatite C à l’extérieur du foie

Outre le foie, le virus de l’hépatite C peut également affecter les autres organes du corps. Il a été, par exemple, lié à l’insuffisance hépatique et à l’insulinorésistance. Les professionnels de la santé recommandent habituellement des tests pour suivre la santé générale d’une personne et pas seulement la santé de leur foie.

Prévenir la progression de la maladie : promotion de la santé du foie et plus

La progression de la maladie provient de la génétique, de l’environnement et du comportement d’une personne. La génétique des personnes ne peut être modifiée, mais apprendre des stratégies pour faire la promotion d’un foie en santé et posséder l’autonomie nécessaire pour prendre des décisions concernant ces stratégies peuvent grandement influencer la façon dont le virus affecte une personne. Plusieurs de ces stratégies — tels une bonne alimentation, des exercices réguliers et éviter ou réduire sa consommation d’alcool — favorisent une bonne santé générale, pas seulement un foie en santé. (Pour plus de renseignements, voir la section Vivre avec l’hépatite C.)

Les génotypes : six souches de l’hépatite C

Il existe au moins six génotypes principaux du VHC. Un génotype est une variation génétique du virus; certains génotypes sont plus répandus dans telle ou telle partie du monde. En Amérique du Nord, le génotype 1 est à l’origine de la plupart des infections par le VHC, les génotypes 2 et 3 étant en cause dans un pourcentage plus faible de cas. Il est important de savoir de quel génotype on est infecté pour pouvoir prendre des décisions concernant le traitement. Le génotype n’a pas une grande influence sur la progression de la maladie.

La charge virale : pour mesurer la quantité de virus dans le corps

La charge virale de l’hépatite C d’une personne fait référence à la quantité de virus dans un échantillon donné de son sang. On la mesure à l’aide d’un test quantitatif de l’ARN et on l’exprime à l’aide d’unités internationales par millilitre (UI/ml). (Pour plus de renseignements, voir la section Types de tests — Tests diagnostiques).

En règle générale, la charge virale d’une personne ne détermine pas la gravité des dommages au foie subis par une personne — une charge virale plus élevée ne garantit pas nécessairement plus de lésions hépatiques et une charge virale plus faible ne garantit pas moins de lésions au foie.

Aucun vaccin ni immunité : les personnes peuvent être infectées plus d’une fois

Il n’existe aucun vaccin ni autre forme d’immunité contre l’hépatite C. Les personnes infectées par l’hépatite C qui se débarrassent spontanément du virus peuvent être réinfectées si elles se livrent à des pratiques à risque élevé. Les anticorps de l’hépatite C ne protègent pas contre le virus et on peut être infecté par des souches multiples, compliquant ainsi la gestion de l’infection.

La transmission : contact de sang à sang

Le VHC se transmet par contact de sang à sang. En d’autres termes, le VHC se transmet lorsque le sang d’une personne porteuse du VHC entre en contact direct dans la circulation sanguine d’une autre personne. De nos jours, le matériel non stérile utilisé pour préparer et injecter la drogue est la cause de la majorité des nouveaux cas d’infections à l’hépatite C au Canada. L’hépatite C ne se transmet pas par de simples contacts, comme s’embrasser, se donner des câlins ou partager ses ustensiles. (Pour plus de renseignements, voir la section Quels sont les risques?).

Le virus est petit et résistant. Une petite quantité de sang seulement est nécessaire pour transmettre le virus et ce dernier peut survivre durant des semaines à l’extérieur du corps.

La prévention

On peut s’attendre à ce que l’impact social et économique de cette maladie augmente au cours des prochaines années. Une partie importante de la réponse de la santé publique face à l’hépatite C vise à prévenir les nouveaux cas d’infection au VHC de la façon suivante :

Revisé 2011.