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De plus en plus de Canadiens et de Canadiennes vivant avec le VHC sont également porteurs du VIH. Les personnes atteintes à la fois du VIH et du VHC font face à des défis de taille en ce qui concerne leur santé. Il est possible de surmonter ces défis, mais pour ce faire, les personnes co-infectées doivent avoir accès à des soins de qualité et à de l’information fiable afin de pouvoir gérer ces deux infections et jouir d’une bonne santé pendant longtemps. Pour en savoir plus sur le VIH, visitez le site Web de CATIE au www.catie.ca.

Qu’est-ce que le VIH?

Le sigle VIH désigne le virus de l’immunodéficience humaine. C’est un virus qui s’attaque au système immunitaire des humains et qui cause le sida. SIDA veut dire syndrome d’immunodéficience acquise.

De quelle façon le VIH se transmet-il?

Le VIH est présent dans cinq liquides corporels : le sang, le sperme, les sécrétions vaginales, les liquides rectals et le lait maternel. Une personne peut être infectée par le VIH si elle est exposée aux liquides corporels d’une personne vivant avec ce virus. Cela se produit habituellement des manières suivantes :

  • relations sexuelles non protégées (surtout les relations anales ou vaginales)
  • réutilisation du matériel ayant servi à quelqu’un d’autre pour consommer de la drogue
  • transmission mère-enfant durant l’accouchement ou l’allaitement (si la mère est atteinte du VIH)
  • transfusion sanguine effectuée au Canada avant 1985

Le VIH entre dans le corps de la même façon que le VHC et le VHB, alors il suffit de prendre les mêmes précautions pour éviter de contracter ces trois virus. (Lisez la section Se protéger pour en savoir plus.)

Qu’est-ce qu’une cellule CD4+?

Une cellule CD4+ est un type de globule blanc qui fait partie du système immunitaire. Comme d’autres parties du système immunitaire, les cellules CD4+ contribuent à protéger la santé des humains. Elles coordonnent l’activité des autres parties du système immunitaire, entre autres en les incitant à s’attaquer aux virus, aux bactéries et aux autres envahisseurs susceptibles de causer des maladies.

Que fait le VIH?

Le VIH entre dans les cellules CD4+ et s’en sert pour créer d’autres virus; il s’agit d’un processus appelé réplication. Suite à l’infection, les cellules CD4+ se mettent à mal fonctionner et finissent par mourir. Lorsque le nombre de cellules CD4+ diminue, les infections virales et bactériennes se produisent plus facilement et les personnes touchées risquent de tomber malades. Le compte de CD4+ est une mesure importante de la fonction immunitaire. Un système immunitaire sain compte généralement plus de 500 cellules, mais cela peut varier d’une personne à l’autre.

La charge virale en VIH est une autre mesure importante qui permet de suivre la progression de l’infection au VIH. Plus il y a de VIH dans le corps, plus le système immunitaire est attaqué et plus le risque de tomber malade est grand.

Le VIH est un virus qui s’attaque au système immunitaire des humains et qui cause le sida.

Au fil du temps, la destruction de beaucoup de cellules CD4+ fait en sorte que le système immunitaire perd de son efficacité. La personne touchée devient donc vulnérable à des maladies qu’un système immunitaire sain n’aurait aucun problème à maîtriser. On appelle ces maladies des infections opportunistes ou des maladies définissant le sida. Certains types de pneumonie (pneumocytose ou PPC) et de cancer (sarcome de Kaposi) figurent au nombre des infections opportunistes les plus fréquentes. Au Canada, si une personne porteuse du VIH présente une de ces maladies, on dit qu’elle a le sida.

Il est important que les personnes vivant avec le VIH consultent régulièrement un médecin pour faire suivre leur charge virale et leur compte de CD4+ parce que ces mesures sont nécessaires pour prendre des décisions concernant l’amorce ou la modification d’un traitement éventuel contre le VIH.

Le traitement du VIH

Il est impossible de guérir le VIH à l’heure actuelle, mais il existe des médicaments qui le combattent bien. Les médicaments anti-VIH sont utilisés en combinaisons de trois ou plus. On appelle ce genre de traitement d’association une multithérapie antirétrovirale fortement active (couramment appelée multithérapie ou trithérapie).

Les médicaments anti-VIH réduisent la charge virale en VIH dans le sang et le sperme jusqu’à des niveaux indétectables. La plupart des tests ne peuvent mesurer une charge virale de moins de 50 copies/mL. Même si on dit que la charge virale est indétectable, le virus est toujours présent dans le corps, et les chercheurs ne sont pas encore en mesure d’affirmer avec certitude si la transmission demeure possible ou non. Quoi qu’il en soit, lorsque le virus est indétectable, il est incapable de tuer d’autres cellules CD4+, ce qui donne au corps l’occasion d’augmenter ses réserves de ces cellules et de mieux se protéger contre les maladies.

Le VIH est un virus futé qui est passé maître dans l’art de la mutation, ce qui veut que son matériel génétique subit constamment des changements. Ces changements donnent lieu à des « résistances médicamenteuses »; lorsque des résistances se produisent, la combinaison de médicaments d’un patient cesse d’agir efficacement et la réplication virale peut reprendre de plus belle. La résistance aux médicaments survient habituellement lorsque le patient cesse de prendre régulièrement ses médicaments. Cependant, il existe heureusement une vingtaine de médicaments anti-VIH et un grand nombre de combinaisons possibles, alors les personnes vivant avec le VIH ont à leur disposition plusieurs options de traitement pour les aider à vivre longtemps et en bonne santé.

Visitez le site de CATIE au www.catie.ca pour en apprendre plus sur le VIH et le traitement.

Co-infection avec le VIH et le VHC

Au Canada, environ 10 000 personnes vivent à la fois avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et le virus de l’hépatite C (VHC). Ces chiffres sont fondés sur des estimations et des prévisions, mais on peut quand même affirmer avec confiance qu’environ 20 % des personnes vivant avec le VIH sont également porteuses du VHC. Cette combinaison est dangereuse car elle cause des complications particulières comme l’insuffisance hépatique. Cette dernière est la principale cause de mortalité chez les personnes co-infectées par le VHC et le VIH.

VHC et VIH : similarités et différences

 

VHC

VIH 

Transmission

Contact avec du sang infecté.

Contact avec du sang, du sperme, des sécrétions vaginales, les liquides rectals ou du lait maternel infectés.

Modes de transmission les plus fréquents au Canada

Réutilisation du matériel ayant déjà servi à quelqu’un d’autre pour consommer de la drogue, particulièrement pour s’injecter.

Relations sexuelles non protégées.
Réutilisation du matériel ayant déjà servi à quelqu’un d’autre pour consommer de la drogue.

Dépistage

Le test de dépistage des anticorps permet de confirmer qu’une personne a été exposée au VHC. Le test de recherche de l’ARN permet de confirmer la présence de l’infection.
Aucun programme de dépistage anonyme ou rapide.

Un résultat positif au test de dépistage des anticorps permet de confirmer la présence de l’infection.
On peut passer un test de dépistage anonyme et rapide dans certains sites.

Durée du traitement

Entre six mois et un an, selon le génotype du VHC.

À vie

Traitement

À l’heure actuelle, la combinaison de peg-interféron et de ribavirine.

Multithérapie antirétrovirale (trithérapie), soit une combinaison de trois médicaments anti-VIH (antirétroviraux) ou plus.

Réponse au traitement

Si le traitement réussit, le VHC peut être éliminé du corps. Chez environ 20 % des personnes infectées, le virus est éliminé spontanément, sans qu’un traitement soit nécessaire.

Il est possible de réduire le taux de VIH jusqu’à un niveau indétectable, mais il est impossible de s’en débarrasser complètement.

Durée de survie du virus à l’extérieur du corps

Au moins quatre jours (jusqu’à deux semaines dans certains cas).

Quelques minutes seulement.

Possibilité de réinfection

Il n’existe aucune immunité contre le VHC. Une personne peut être infectée de nouveau même si elle s’est débarrassée antérieurement du virus (que ce soit spontanément ou grâce au traitement). Il est possible d’être infecté par plus d’un génotype du VHC.

Il est possible d’être réinfecté par une souche du VIH qui ne répond pas au traitement.

Vaccin

Aucun vaccin contre le VHC à l’heure actuelle.

Aucun vaccin contre le VIH à l’heure actuelle.

Période fenêtre (temps qu’il faut attendre après l’exposition possible avant de se faire tester)

Trois à six mois après l’exposition.

Trois à six mois après l’exposition.

Partie du corps ciblée

Le VHC se réplique dans le foie, causant ainsi des dommages à ce dernier.

Le VIH se réplique dans les cellules immunitaires (cellules CD4+) et affaiblit ainsi le système immunitaire.

Prévalence (estimations)

Canada : 250 000
Monde : 170 millions

Canada : 58 000
Monde : 33 millions

Complications de la co-infection

Lorsque le VHC et le VIH sont présents chez une même personne, les complications associées à chaque infection sont plus nombreuses que lorsque l’un ou l’autre de ces virus est présent tout seul. Les recherches indiquent que les personnes co-infectées progressent plus rapidement vers la cirrhose et semblent courir un risque plus élevé de cardiopathie. Prendre des décisions concernant le traitement de chaque infection est plus difficile aussi parce que de nombreuses personnes co-infectées répondent différemment aux médicaments utilisés contre le VIH et le VHC (comparativement aux personnes infectées par un virus ou l’autre). [Voir Le traitement du VIH et de l’hépatite C pour en savoir plus.] Il va donc sans dire que tous les conseils concernant la réduction des méfaits revêtent une importance particulière pour les personnes vivant avec ces deux virus. (Voir Se protéger pour plus d’information.)

Dépistage

On recommande à toutes les personnes atteintes du VIH de passer un test de dépistage de l’hépatite C, et vice versa. Si, faute de traitement, l’infection au VIH en est à un stade avancé, il est possible d’obtenir un faux négatif au test de dépistage des anticorps anti-VHC parce que la suppression immunitaire causée par le VIH affaiblit les capacités de production d’anticorps de l’organisme. Des tests additionnels peuvent donc s’avérer nécessaires pour déterminer si le VHC est présent ou pas.

Transmission : similarités

Même s’ils sont deux virus bien distincts, le VIH et le VHC ont quelques caractéristiques en commun. Les deux virus se transmettent lors des contacts de sang à sang. Ainsi, le partage de n’importe quel article contaminé par du sang (matériel d’injection de drogue, matériel de perçage et de tatouage, dispositifs médicaux) expose les personnes concernées à un risque de transmission des deux virus.

Transmission : différences

Il y a aussi de nombreuses différences entre le VIH et le VHC. Par exemple, bien que l’eau de Javel soit utile pour empêcher la transmission du VIH lorsqu’on s’en sert pour nettoyer son matériel d’injection, elle ne réussit pas à tuer le VIH. De plus, le VIH est un virus fragile qui ne survit pas longtemps à l’extérieur du corps, alors que le VHC peut survivre pendant quelques jours. Bien que les deux virus soient transmis par les contacts de sang à sang, le VIH se transmet plus fréquemment par voie sexuelle et lors des accouchements que le VHC.

Transmission : interactions

Lorsque le VIH est présent, on observe une augmentation des risques associés à deux modes de transmission de l’hépatite C, soit l’accouchement et les relations sexuelles non protégées. L’enfant né d’une mère co-infectée par le VIH et le VHC risque davantage de venir au monde avec le VHC que celui d’une mère infectée par le VHC seulement. En ce qui concerne le VHC, le risque de transmission par voie sexuelle est faible mais il augmente considérablement en présence d’infections transmissibles sexuellement et du VIH. Le risque augmente aussi lorsqu’une femme a ses règles et durant certains actes sexuels agressifs, tels que le fisting. Le fait d’avoir de nombreux partenaires sexuels augmente le risque également.