Les types de tests
Il n’est pas possible de diagnostiquer l’hépatite C en se fondant sur le résultat d’un seul test. On a recours à certains tests pour déterminer si la personne en question a été en contact avec le virus de l’hépatite C (VHC) à un moment donné de sa vie. D’autres tests permettent de suivre l’état de l’infection virale après que le diagnostic d’hépatite C a été posé. Ces tests sont également utilisés pour suivre la réponse du patient au traitement. Il existe d’autres tests encore qui servent à évaluer les effets du virus sur le corps. On est par ailleurs en train de mettre au point de nouveaux tests dans l’espoir de rendre le processus de dépistage plus rapide et plus fiable. Cependant, comme il revient à chaque province ou territoire canadien de définir quels tests seront utilisés dans ses laboratoires, il peut y avoir des différences d’une région à l’autre du pays. Soulignons aussi que le consentement éclairé est une partie importante du processus de dépistage.
Tests diagnostiques (pour détecter l’infection à l’hépatite C) :
1. Tests de dépistage des anticorps anti-VHC : Ces tests permettent de détecter la présence d’anticorps anti-VHC dans le sang. Un résultat positif indique que la personne est porteuse d’anticorps anti-VHC et qu’elle a donc été exposée au virus à un moment donné de sa vie. Il n’est toutefois pas possible, en se fondant uniquement sur un test de dépistage des anticorps, de connaître la véritable ampleur de l’infection, parce que celle-ci pourrait être active ou inactive. Dans le premier cas, le virus circule à l’intérieur du corps et peut se transmettre à d’autres personnes. Dans le deuxième cas, la personne a réussi à se débarrasser du virus. L’organisme met habituellement entre six et neuf semaines à fabriquer suffisamment d’anticorps pour que le résultat d’un test de dépistage soit positif (mais le processus peut prendre jusqu’à six mois dans certains cas). On appelle couramment ce laps de temps la période fenêtre. Le dosage immunoenzymatique (EIA ou ELISA) et la technique des immunoblots recombinants (test RIBA) sont deux exemples de tests de dépistage du VHC.
2. Tests de recherche de l’ARN : Ces tests sont utilisés pour vérifier si le matériel génétique du virus (ARN) est présent dans le sang. De façon générale, on y a recours lorsqu’un test de dépistage a déjà détecté des anticorps anti-VHC. Tout comme la mesure de la charge virale, ces tests permettent de mesurer les concentrations de virus circulant dans le sang (mesures exprimées en UI/ml – unités internationales par millilitre). Ces tests sont importants, parce que l’organisme de certaines personnes réussit à se débarrasser du VHC sans traitement, ce qui veut dire qu’il n’y a pas d’ARN VHC dans leur sang. On a également recours à ces tests pour déterminer le génotype du virus. Il importe de connaître ce dernier lorsqu’on envisage de suivre un traitement contre l’hépatite C, parce que certains génotypes répondent mieux au traitement que d’autres.
Certaines provinces utilisent deux versions de ces tests — une version quantitative pour compter la quantité de virus dans le sang et une version qualitative pour mesurer si le virus est détectable ou indétectable. Souvent, les tests utilisés pour détecter de l’ARN viral dans les échantillons de sang sont ce qu’on appelle des tests de réaction en chaîne de la polymérase (PCR); il s’agit d’une des versions les plus courantes des tests des acides nucléiques (TAN).
Tests de contrôle (pour suivre l’évolution des dommages au foie et la progression de la maladie après le diagnostic) :
1. Biopsie : Une biopsie hépatique consiste à prélever, à l’aide d’une aiguille, un petit fragment de tissu du foie puis à l’examiner au microscope. L’échantillon est analysé pour déterminer l’étendue du tissu cicatriciel. La plupart des systèmes de classification des lésions ont recours à une échelle de zéro à quatre : zéro veut dire qu’il n’y a pas de tissu cicatriciel, tandis que quatre correspond à une cirrhose du foie. La biopsie est une intervention effractive qui se fait à l’hôpital (il faut prévoir une visite de quatre à cinq heures). Elle peut causer des complications médicales graves mais rares qui sont attribuables à des hémorragies internes. Le médecin pèsera les risques et les bienfaits éventuels de ce test avant de décider du meilleur plan d’action pour le patient.
2. Échographie : Cette technique permet de mesurer de façon non effractive l’étendue du tissu cicatriciel dans le foie, en ayant recours à la sonographie ou à l’élastrographie (celles-ci utilisent des ondes sonores ou des vibrations pour créer des « cartes » des tissus corporels). Quoique moins fiables qu’une biopsie, ces tests sont plus rapides et moins douloureux pour le patient et ils gagnent en popularité pour évaluer les lésions du foie.
3. Tests de mesure des enzymes hépatiques : On a recours à ces tests pour mesurer la quantité d’enzymes hépatiques dans le sang. La présence de lésions dans le foie fait augmenter les taux de certaines de ces enzymes (l’ALT et l’AST, par exemple). L’augmentation peut toutefois être causée par plusieurs facteurs : virus de l’hépatite, mais aussi produits chimiques, alcool, médicaments ou autres toxines. Dans certains cas, la mesure des enzymes hépatiques révèle que le foie est en train de subir des dommages, ce qui devrait inciter à effectuer d’autres tests, y compris un test de dépistage de l’hépatite C. La phosphatase alcaline, la LDH et la GGT sont d’autres exemples d’enzymes hépatiques.
4. Tests de la fonction hépatique : Plus les dommages subis par le foie sont importants, moins l’organe est en mesure d’accomplir ses 500 fonctions et plus. Il existe une batterie de tests auxquels on peut avoir recours pour vérifier l’état du foie :
- Temps de prothrombine (temps de Quick) : La prothrombine est une protéine qui aide le sang à coaguler.
- Dosage de la bilirubine : Cette substance est à l’origine de la couleur jaunâtre de la peau caractéristique des cas de jaunisse; elle est produite lorsque le foie dégrade les vieux globules rouges.
- Dosage de l’albumine : Protéine sanguine de grande importance, l’albumine est produite par le foie et sert au transport de certaines molécules dans l’organisme ainsi qu’au maintien des niveaux de liquides corporels.
Ces tests ne donnent des résultats anormaux que lorsque le foie est gravement endommagé. Par ailleurs, de multiples facteurs, dont l’alimentation et la présence d’autres virus, peuvent aussi influencer les résultats. Ceux-ci devront être interprétés par un médecin.


