Le traitement contre le VIH et l’hépatite C

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Traiter les personnes co-infectées par le VIH et le VHC est plus compliqué que lorsqu’elles sont infectées par un seul de ces virus.

Quand faut-il commencer le traitement?

Lorsque aucun traitement n'a été entrepris, ni contre le VIH ni contre le VHC, la décision concernant quelle infection on devrait traiter d'abord est prise en fonction des besoins de chaque individu. Certains médecins choisissent de traiter d'abord le VIH afin de faire augmenter le compte de cellules CD4+, surtout si celui est inférieur à 350. Une telle démarche est importante pour prévenir les infections potentiellement mortelles associées au VIH. Les personnes ayant plus de 350 cellules CD4+ ont un système immunitaire légèrement plus fort et peuvent donc suivre d'abord un traitement contre le VHC. La décision d'amorcer un traitement doit se prendre en consultation avec un médecin, et le compte de CD4+ n'est pas le seul facteur dont il faut tenir compte. Pour en savoir plus sur cette question, consultez la section La préparation pour le traitement.

Il est déconseillé d'amorcer à la fois un traitement contre le VIH et un traitement contre le VHC. Cependant, les personnes dont la charge virale en VIH est maîtrisée grâce à des médicaments antirétroviraux (trithérapie ou multithérapie) peuvent envisager de traiter simultanément les deux infections. De fait, l'expérience d'avoir suivi quotidiennement une multithérapie et d'avoir géré des effets secondaires peut aider les gens à suivre fidèlement leur traitement anti-VHC et à mieux tolérer les effets secondaires de ce dernier.

Les autres facteurs dont il faut tenir compte avant de prendre la décision d'amorcer un traitement contre le VHC comprennent les suivants :

  • état de santé global de la personne
  • état du foie
  • chances de succès du traitement
Comment savoir si le traitement est efficace?

L'objectif du traitement de l'hépatite C consiste à obtenir une réponse virologique soutenue (RVS), soit un résultat négatif au test de recherche de l'ARN VHC six mois après la fin du traitement. Le taux de succès du traitement est plus faible chez les personnes co-infectées; selon le génotype du virus, seulement 25 à 50 % de ces dernières répondent bien au traitement. On prescrit le même traitement pour la co-infection que pour la mono-infection (VHC seulement), mais on recommande souvent aux personnes co-infectées d'amorcer plus précocement le traitement anti-VHC parce que les dommages subis par le foie à cause de l'hépatite C surviennent plus rapidement lorsque le VIH est présent. Les personnes infectées par le VIH et le génotype 2 ou 3 du VHC pourraient avoir intérêt à suivre un traitement de 48 semaines au lieu d'un traitement de 24 semaines, soit le traitement habituel recommandé aux personnes mono-infectées. (Voir Le traitement pour en savoir plus.)

Interactions médicamenteuses

La ribavirine peut causer une accumulation importante d'acide lactique dans le sang, ce qui a pour effet d'accroître la toxicité de certains médicaments anti-VIH, y compris le ddI (didanosine, Videx EC) et le d4T (stavudine, Zerit). Appelée acidose lactique, cette complication cause la fatigue et provoque dans certains cas des dommages au pancréas et au foie. Dans les cas extrêmes, l'acidose lactique peut mettre la vie de la personne touchée en danger.

L'AZT (zidovudine, Retrovir) et les médicaments anti-hépatite C (interféron et ribavirine) peuvent donner lieu à une chute du nombre de certaines cellules sanguines. Une chute du nombre de globules rouges (anémie) est particulièrement préoccupante, alors tout patient qui prend ces médicaments ensemble doit être suivi de près. Les lignes directrices actuelles recommandent que l'AZT soit remplacé par un autre médicament afin de prévenir ce genre d'effet secondaire.

Selon une étude récente, l'abacavir (Ziagen) semble réduire l'efficacité de la ribavirine, mais cette observation doit être confirmée par d'autres études. Pour le moment, la plupart des médecins ne recommandent pas que les patients cessent de prendre l'abacavir avant de commencer un traitement contre le VHC.

Quels que soient les médicaments anti-VIH utilisés, il est important d'effectuer régulièrement des tests de la fonction hépatique afin de déceler des dommages au foie avant qu'ils ne s'étendent.

Les doses élevées du ritonavir (Norvir) – qui ne servent plus au traitement du VIH – sont associées à une augmentation des complications hépatiques. Par contre, le ritonavir à faible dose, lequel est couramment utilisé pour accroître les concentrations sanguines de plusieurs autres médicaments anti-VIH, n'est pas plus dangereux pour le foie que tout autre médicament anti-VIH d'usage courant. La névirapine (Viramune), un médicament anti-VIH métabolisé par le foie, s'est déjà avérée toxique pour cet organe durant les 16 premières semaines du traitement. Après cette période, le risque de complications hépatiques est le même que pour les autres médicaments anti-VIH. Quels que soient les médicaments anti-VIH utilisés, il est important d'effectuer régulièrement des tests de la fonction hépatique afin de déceler des dommages au foie avant qu'ils ne s'étendent.

Les effets secondaires des médicaments anti-VIH et anti-VHC risquent d'être pires lorsque les deux infections sont traitées en même temps, alors tous les patients doivent être suivis de près par leur équipe de soins.