La préparation pour le traitement
Il est important que toute personne infectée par l'hépatite C soit considérée comme un candidat au traitement. Pour les personnes porteuses d'un virus actif, la décision de se faire traiter ou non est complexe. Le succès éventuel du traitement dépend de plusieurs facteurs, dont les caractéristiques particulières du virus et la présence d'affections médicales préexistantes. Les caractéristiques du patient lui-même auront également une influence – son aptitude à suivre fidèlement le traitement, par exemple. Certains de ces facteurs évoluent au fil du temps, alors que d'autres demeurent constants. Il reste que chacun a des conséquences sur le traitement.
Observance thérapeutique
Respecter l'horaire de ses prises de médicaments n'est pas facile, mais c'est un élément crucial du succès du traitement. On doit prendre ses médicaments à l'heure indiquée en s'efforçant de manquer le moins de doses possible, afin qu'il y ait toujours suffisamment de médicament dans le corps pour combattre le virus.
Certains effets secondaires, notamment la dépression et les courbatures, font que le patient se sent malade et ne veut pas prendre ses médicaments. Lorsqu'il y a nausées et diarrhées, le patient peut avoir de la difficulté à garder les médicaments dans son corps. Les personnes qui veulent réussir à suivre le traitement jusqu'au bout doivent prendre la décision de persévérer coûte que coûte. Pour préparer les patients à s'engager de la sorte, il faut faire une évaluation minutieuse de leur situation. En plus de savoir en quoi consiste le traitement, ils doivent comprendre leurs chances de succès et ce qu'ils peuvent faire pour les accroître.
Facteurs d'ordre pathologique
Les facteurs suivants se rapportent directement au VHC, et tous ont une influence sur le succès éventuel du traitement :
- Genotype du VHC – Le taux de succès du traitement s'élève jusqu'à 80 % chez les personnes porteuses des génotypes 2 et 3, alors qu'il se situe à environ 50 % pour le génotype 1. Le génotype viral ne change pas au fil du temps, et une personne peut être infectée par plus d'un génotype si elle est exposée au VHC à plusieurs reprises. La durée du traitement est plus courte pour les génotypes 2 et 3 que pour le génotype 1.
- Charge virale en VHC – Plus la charge virale est faible au début du traitement, meilleures sont les chances de succès. Les recherches se poursuivent afin de mettre au point de nouveaux traitements capables de réduire plus rapidement et plus efficacement la charge virale.
- Cirrhose – Le risque d'inflammation, de cicatrisation et de fibrose hépatique augmente au fur et à mesure que l'infection à l'hépatite C se prolonge. Le taux de succès du traitement est plus élevé chez les personnes dont l'état n'a pas progressé au stade de la cirrhose.
Les affections suivantes s'aggravent souvent sous l'effet du traitement anti-hépatite C. De plus, elles risquent d'en réduire l'efficacité et d'amener certaines personnes à interrompre leur traitement :
- Maladies du cœur – La ribavirine provoque souvent de l'anémie (faible taux de globules rouges), une affection qui risque d'aggraver les problèmes cardiaques existants. Dans de rares cas, le peg-interféron peut également causer des problèmes cardiaques.
- Insuffisance rénale – Puisque la ribavirine est éliminée du corps par les reins, toute dysfonction rénale risque d'entraîner une accumulation toxique de ce médicament. En pareil cas, on devra procéder à un réajustement de la dose de ribavirine. Il est important que la fonction rénale soit suivie de près pendant le traitement.
- Dépression – La dépression est un effet secondaire potentiel grave du traitement de l'hépatite C. Il faut encourager les personnes qui souffrent de dépression durant le traitement et celles qui ont des pensées suicidaires ou des antécédents familiaux de dépression à obtenir du soutien et du counseling. Il est également possible de prescrire des médicaments antidépresseurs avant ou pendant le traitement.
- Anomalies du glucose – Selon des recherches récentes, les anomalies de la glycémie (taux de glucose dans le sang) seraient susceptibles de réduire l'efficacité du traitement de l'hépatite C. Parmi les anomalies en cause, mentionnons un taux de glucose supérieur à la normale dans le sang, l'insulinorésistance et le diabète. Certains facteurs, comme l'obésité, le vieillissement et un taux élevé de triglycérides, peuvent favoriser l'apparition de ces anomalies ou les aggraver. Lorsqu'elles sont possibles, les interventions visant à stabiliser les anomalies du glucose augmentent les chances de succès du traitement.
Facteurs dépendant du patient lui-même
L'attitude du patient et les circonstances dans lesquelles il se trouve ont une influence sur l'observance thérapeutique et l'efficacité du traitement. Il est important de porter attention aux facteurs suivants, qui peuvent évoluer au fil du temps :
- Objectif du patient – Certains patients tiennent à suivre le traitement quelle que soit leur situation personnelle. D'autres aimeraient mieux l'éviter à tout prix. De nombreuses personnes qui se portent encore bien et dont l'infection progresse lentement préfèreraient attendre que les traitements s'améliorent avant de commencer. Les premières étapes d'une évaluation pré-traitement consistent à établir un rapport avec le patient et à comprendre ses désirs, puisque ceux-ci joueront beaucoup dans son aptitude à suivre fidèlement le traitement.
- Consommation d'alcool – L'alcool a des répercussions néfastes sur le traitement. La meilleure décision qu'une personne puisse prendre pour favoriser le succès de son traitement consiste donc à arrêter de boire ou à réduire grandement sa consommation d'alcool. La consommation d'alcool peut empêcher le patient de prendre ses médicaments comme il faut, surtout s'il en est dépendant. Il risque d'oublier ses médicaments, de ne pas en prendre les bonnes doses ou de manquer ses rendez-vous médicaux. De plus, puisque l'alcool endommage le foie, les chances de se remettre de l'hépatite C sont amoindries.
- Consommation de drogue – La consommation de drogue n'exclut pas nécessairement la réussite du traitement. Les consommateurs de drogue qui veulent se faire traiter contre l'hépatite C ont besoin du soutien d'un médecin et d'une équipe de soins. Les personnes ayant un mode de vie chaotique ou instable risquent de ne pas respecter l'horaire de leur traitement, surtout si elles éprouvent des problèmes liés au logement, à l'argent ou à leurs relations. Si on réussit à ajouter de la stabilité à ces aspects de la vie du patient, les chances de succès du traitement s'amélioreront.
- Argent – Le patient n'a pas seulement besoin de payer ses médicaments, il doit aussi acheter de la nourriture, payer son loyer et couvrir les coûts associés au traitement des effets secondaires. Certaines personnes ne sont pas en mesure de travailler pendant qu'elles suivent le traitement, alors que d'autres sont déjà sans travail depuis longtemps. Le patient pourra stabiliser sa situation et favoriser la réussite de son traitement en se prévalant des soutiens financiers à sa disposition.
- Réseaux de soutien – Le patient qui suit un traitement contre l'hépatite C doit combattre les effets secondaires de ce dernier et prendre quotidiennement ses médicaments en respectant les instructions à la lettre. Le soutien de ses proches et d'une équipe de soins holistiques peut l'aider à suivre le traitement jusqu'au bout. Les groupes d'entraide et les services de counseling sont souvent de bonnes sources de soutien. Certaines sociétés pharmaceutiques offrent des outils (bouillottes, journaux pour suivre le progrès du traitement, information sur la gestion des effets secondaires) et un soutien téléphonique pour aider les gens à terminer le traitement. Pour y avoir accès, il suffit de parler avec son médecin ou une infirmière ou de communiquer directement avec la société pharmaceutique.
- Obésité – Les données de corrélation indiquent que le taux de succès du traitement anti-VHC est moins élevé chez les personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC) élevé. L'IMC est calculé en fonction du rapport entre le poids et la taille. Au Canada, un IMC de 25 kg/m2 ou plus est considéré comme élevé. La stéatose (accumulation de graisse autour du foie) est également associée à l'échec du traitement.
- Âge – L'effet de l'âge sur le traitement s'exerce de plusieurs façons. Un âge avancé au moment de l'infection ou lors du début du traitement est associé à un taux de succès plus faible. Les personnes âgées atteintes d'hépatite C courent également un risque accru de cirrhose, parce qu'il est possible qu'elles soient infectées depuis longtemps. Par conséquent, si le traitement est commencé tôt, les chances d'obtenir de bons résultats augmentent. Toutefois, il est souvent nécessaire de mettre en balance cette dernière considération avec la gravité de la maladie et la vitesse de sa progression. Pour les personnes chez qui l'hépatite est moins grave et progresse plus lentement, en effet, les effets secondaires du traitement risquent d'être pires que la maladie elle-même.
- Origine ethnique – Les recherches se poursuivent dans ce domaine. Certaines études indiquent que le traitement réussit moins bien chez les Noirs. La raison précise de cette différence est inconnue, et les recherchent se poursuivent chez d'autres groupes ethniques pour déterminer les effets du traitement sur eux.
- Sexe – De façon générale, sans qu'on sache très bien pourquoi, les femmes répondent mieux au traitement que les hommes.
Étant donné la complexité du traitement de l'hépatite C, il est essentiel que les patients participent aux prises de décisions.
Contre-indications incontournables
Il n'y a que deux motifs incontournables pour reporter ou éviter le traitement de l'hépatite C :
- Grossesse – La ribavirine, qui est un des médicaments utilisés contre l'hépatite C, est tératogène. Cela veut dire qu'elle peut causer des anomalies congénitales chez le fœtus. Les femmes enceintes doivent attendre d'avoir accouché avant de commencer le traitement. Une méthode contraceptive efficace doit être utilisée pendant toute la durée du traitement ainsi que durant les six mois qui suivent la fin de ce dernier, et ce, tant par les hommes que par les femmes.
- Enfants – Dans le cas des enfants, on choisit généralement de différer le traitement de quelques années. Il est rare qu'il faille à tout prix le commencer immédiatement. On peut habituellement attendre que le développement et mental de l'enfant soit terminé. Les lignes directrices actuelles recommandent qu'on ait recours à un spécialiste pour soigner les enfants atteints du VHC.


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